on ferme bientôt

flâneries culturelles en attendant

20 août 2009

blogs en anglais

Il y a de plus en plus de blogueurs francophones qui tiennent leur(s) blog(s) en anglais. Croient-ils avoir une meilleure audience ?
Mon neveu de Montréal (Yonne), Martin, a deux blogs sur Blogger en anglais. Il est vrai qu'il est software developer (développeur d'applications) et qu'il a fait des études à Londres. Il se présente ainsi  sur son blog spécialisé (Musings on the internet world : from Google to music distribution, via social networks, the free culture movement...) : "I work with software for a living and I am fascinated by the evolution of internet, in particular the free culture movement and the most recent business model." Je n'ai pas remarqué qu'il avait beaucoup de commentaires, donc d'audience. Sans doute, on peut avoir de l'audience sans commentaires. Il suffit d'avoir un compteur.
Il serait intéressant pour un blogueur francophone de tenir deux blogs spécialisés avec le même texte, l'un en anglais, l'autre en français, et de voir après quelques mois, quel est celui qui a le plus d'audience et de commentaires.

Posté par JacquesLouisJean à 14:23 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

19 août 2009

c'était dans une autre vie

img073

Ce genre d'hebdomadaire, ce n'est plus pour moi. J'étais bien un ancien abonné de Télérama ! Mais aujourd'hui, le roman contemporain m'intéresse peu, la musique pop ou rock, pas du tout. On ne revient pas en arrière. J'approfondis ce que je connais déjà un peu. Je consolide mes bases. Je ne suis pas un consommateur de la culture actuelle, une culture-marketing  jetable trop souvent. Je ne vais plus au cinéma.
Lire les Mémoires de Marmontel m'a procuré un plaisir indicible. Ce que n'aurait pas fait un petit roman français nombriliste de 150-200 pages analysé par un critique (? ou laudateur) de Télérama. Télérama ne critique jamais d'études historiques. Ce que j'ai toujours reproché à cet hebdomadaire. L'essentiel de la culture est dans Télérama ? Certainement pas.
J'aimais les articles d'Olivier Cena sur l'art contemporain. De temps en temps, il brocardait l'art abstrait et certaines installations. Pour lui, il y avait une ligne à ne pas franchir. 

 

Posté par JacquesLouisJean à 15:19 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

07 août 2009

deux rêves de bonheur opposés

Un rêve de bonheur au XVIIIe siècle :

" Je ménerai une vie sage et chrétienne..., je m'occuperai de l'étude et de la religion, qui ne me permettront point de penser aux dangereux plaisirs de l'amour. Je mépriserai ce que le commun des hommes admire ; et comme je sens assez que mon coeur ne désirera que ce qu'il estime, j'aurai aussi peu d'inquiétudes que de désirs. Je formai là-dessus, d'avance, un système de vie paisible et solitaire. J'y faisais entrer une maison écartée, avec un petit bois et un ruisseau d'eau douce au bout du jardin, une bibliothèque composée de livres choisis, un petit nombre d'amis vertueux et de bon sens, une table propre, mais frugale et modérée. J'y joignais un commerce de lettres avec un ami qui ferait son séjour à Paris, et qui m'informerait des nouvelles publiques, moins pour satisfaire ma curiosité que pour me faire un divertissement des folles agitations des hommes. " (1)

Un rêve de bonheur au XIXe siècle :

" C'est un grand bâtiment carré sans fenêtres au dehors : une grande cour entourée d'une colonnade de marbre blanc, au milieu une fontaine de cristal avec un jet de vif- argent à la manière arabe, des caisses d'orangers et de grenadiers posées alternativement ; par là-dessus un ciel très bleu et un soleil très jaune ; de grands lévriers au museau de brochet dormiraient çà et là ; de temps en temps des nègres pieds nus avec des cercles d'or aux jambes, de belles servantes blanches et sveltes, habillées de vêtements riches et capricieux, passeraient entre les arcades évidées, quelque corbeille au bras, ou quelque amphore sur la tête. Moi, je serais là, immobile, silencieux, sous un dais magnifique, entouré de piles de carreaux, un grand lion privé sous mon coude, la gorge nue d'une jeune esclave sous mon pied en manière d'escabeau, et fumant de l'opium dans une grande pipe de jade. " (2)

(1) Abbé Prévost, Histoire du chevalier des Grieux et de Manon Lescaut, Le Livre de poche classique, 2005, p. 118-119.
(2) René Jasinski, Les Années romantiques de Théophile Gautier, Paris, 1929, p. 312 : un extrait de Mademoiselle de Maupin. Gautier a peut-être été inspiré par un portrait de Méhémet-Ali, le vice-roi d'Egypte, par Horace Vernet. Voir aussi le palais d'or de l'Eldorado dans Fortunio (chapitre XXIV) de Gautier, qui a amplifié le texte de Mademoiselle de Maupin cité ci-dessus.

Posté par JacquesLouisJean à 17:36 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

03 août 2009

le sport, une institution

" Je reçois un prospectus ronflant pour le progrès du canotage. Ce n'est plus un plaisir, une récréation, un exercice gymnastique, enfin le canotage ! C'est le sport nautique, une institution de progrès ; quelque chose qui a des présidents, des secrétaires, qui fait des discours aux régates ; une société de pochards en vareuse et de marins d'eau de vaisselle, qui veulent avec l'association, faire leur chemin au moyen de cela, arriver par la marine de plaisance à des distinctions, à une sorte de carrière."
-
Edmond et Jules de Goncourt, Journal, collection Bouquins, 1989, tome 2, p. 32.
- Roger Kempf, L'Indiscrétion des frères Goncourt, Le Livre de poche, 2006, p. 184.

Posté par JacquesLouisJean à 11:52 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

01 août 2009

la maison d'un artiste

La Maison d'un artiste

par Edmond de Goncourt

" cet incomparable chef-d'oeuvre " (1)

" livre prodigieux " (2)

" puits de félicités " (3)
-

(1) Roger Kempf, L'Indiscrétion des frères Goncourt, Le Livre de Poche, 2006, p. 11.
(2) Idem, p. 164.
(3) Idem, p. 170.

Posté par JacquesLouisJean à 16:07 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

31 juillet 2009

Marmontel à la Bastille

Jean_Francois_Marmontel_1

Voltaire a été enfermé deux fois à la Bastille (en 1717, onze mois ; en 1726, un court séjour), et  Diderot a passé en 1749 trois mois et onze jours au château de Vincennes, Marmontel, quant à lui, a effectué en 1758 un bref passage de onze jours à la Bastille, assez agréable d'après ses Mémoires.

"Le gouverneur (de la Bastille) , M. d'Abadie, après avoir lu les lettres que l'exempt lui avait remises, me demanda si je voulais qu'on me laissât mon domestique, à condition cependant que nous serions dans une même chambre, et qu'il ne sortirait de prison qu'avec moi. Ce domestique était Bury ; je le consultai là-dessus : il me répondit qu'il ne voulait pas me quitter. On visita légèrement mes paquets et mes livres, et l'on me fit monter dans une vaste chambre où il y avait pour meubles deux lits, deux tables, un bas d'armoire et trois chaises de paille. Il faisait froid, mais un geôlier nous fit bon feu et m'apporta du bois en abondance. En même temps on me donna des plumes, de l'encre et du papier, à condition de rendre compte de l'emploi et du nombre de feuilles que l'on m'aurait remises.
Tandis que j'arrangeais ma table pour me mettre à écrire, le geôlier revint me demander si je trouvais mon lit assez bon. Après l'avoir examiné, je répondis que les matelas en étaient mauvais et les couvertures malpropres ; dans la minute tout cela fut changé. On me fit demander aussi quelle était l'heure de mon dîner ; je répondis : "l'heure de tout le monde". La Bastille avait une bibliothèque : le gouverneur m'en envoya le catalogue, en me donnant le choix des livres qui la composaient. Je le remerciai pour mon compte, mais mon domestique demanda pour lui les romans de Prévost, et on les lui apporta.
.......
La manière dont on me traitait à la Bastille me faisait bien penser que je n'y serais pas longtemps, et mon travail, entremêlé de lectures intéressantes (car j'avais avec moi Montaigne, Horace et La Bruyère), me laissait peu de moments d'ennui. Une seule chose me plongeait quelquefois dans la mélancolie : les murs de ma chambre était couverts d'inscriptions qui toutes portaient le caractère de réflexions tristes et sombres dont avant moi des malheureux avaient  sans doute été obsédés dans cette prison. Je croyais les y voir encore errants et gémissants, et leurs ombres m'environnaient."

Posté par JacquesLouisJean à 18:19 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

les Mémoires de Marmontel

" Le chef-d'oeuvre de Marmontel, ce sont ses Mémoires où il a su, au soir de son existence, donner à ses souvenirs les couleurs de l'aventure, de la joie de vivre, de la ténacité et de l'enthousiasme. Dans ce manège magique et fastueux défile tout une société, avec ses forces et ses faiblesses, ses ombres et ses tableaux éclatants, ses personnages célèbres, grands noms de la cour et de la ville, écrivains (1), peintres (2) et musiciens (3), et ses humbles, ses inconnus, domestiques, paysans ou passants anonymes qui ont, euux aussi, entretenu la flamme fragile de la vie.
Et puis nous y trouvons différentes images de Marmontel - images multiples, comme il se doit - qu'il nous plaît de garder en mémoire : celle de l'habile conteur, fort peu moralisateur cette fois, qui sait donner libre cours à son sens de l'observation et à sa malice ; celle de l'homme du monde et "honnête homme" superficiel et vain, mais brillant causeur et recherché dans tous les salons ; celle enfin du séducteur, dont les regards et les sourires savaient venir à bout des résistances les plus obstinées.
Par tous ces attraits, les Mémoires de Marmontel méritent d'être relus aujourd'hui : ouvrage de référence et machine à rêver, ils nous transportent, à deux siècles de distance, en un temps où l'on savait encore, et avec quel talent, dire la beauté, la tendresse et le désir."
Jean-Pierre Guicciardi, Gilles Thierriat

(1) D'Alembert,  Crébillon, Diderot, Helvétius, d'Holbach, Marivaux,  abbé Morellet, abbé Raynal, Rousseau, Saint-Lambert, Voltaire...
(2) Marmontel dit très peu de choses sur les peintres de son temps (voir post du 21 juillet).
(3) Gluck, Grétry, Piccini.

Posté par JacquesLouisJean à 14:18 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

30 juillet 2009

les avocats en 1789 par Marmontel

"Le moyen le plus sûr de propager dans le royaume la doctrine révolutionnaire avait donc été d'engager dans son parti le corps des avocats, et rien n'aurait été plus facile. Républicain par caractère, fier et jaloux de sa liberté, enclin à la domination par l'habitude de tenir dans ses mains le sort de ses clients, répandu dans tout le royaume, en possession de l'estime et de la confiance publique, en relation continuelle avec toutes les classes de la société, exercé dans l'art d'émouvoir et de maîtriser les esprits, l'ordre des avocats devait avoir sur la multitude un ascendant irrésistible ; et les uns par la force d'une véritable éloquence, les autres par cette affluence et ce bruit de paroles qui étourdit des têtes faibles et leur en impose avec des mots, ils ne pouvaient manquer de primer dans les assemblées populaires et d'y gouverner l'opinion, surtout en s'annonçant pour les vengeurs des injures du peuple et les défenseurs de ses droits."

Marmontel, Mémoires, Mercure de France (Le Temps retrouvé), 2008, p. 632-633.

Posté par JacquesLouisJean à 15:33 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

23 juillet 2009

Bélisaire recevant l'hospitalité d'un paysan

A5426_bis

B_lisaire_texte
Tableau de Pierre Peyron, 1779
Texte de Marmontel, 1767

Posté par JacquesLouisJean à 23:17 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

Bélisaire

img068

Bélisaire aveugle recevant l'aumône
Groupe en faïence des Islettes*
début XIXe siècle


-
C'est à la suite de la publication en 1767 par Marmontel de son roman Bélisaire que l'histoire de ce général disgracié par Justinien a inspiré de nombreux artistes :

- Jacques-Louis DAVID (1748-1825), Bélisaire recevant l'aumône, 1781 (Louvre et Palais des Beaux-Arts de Lille).
- Nicolas-René JOLLAIN (1732-1804), Bélisaire demandant l'aumône (C.P.)
- François-André VINCENT (1746-1816), Un soldat reconnaissant Bélisaire lui fait l'aumône (Montpellier, Musée Fabre).
- Pierre PEYRON (1744-1814), Bélisaire recevant l'hospitalité d'un paysan (Londres, National Gallery).
- Baron François GERARD (1770-1837), Bélisaire, 1797 (J.Paul Getty Museum, Los Angeles).
- Franciscus Joseph KINSOEN (1771-1839), La Mort de l'épouse de Bélisaire, c. 1817 (Bruges, Musée des Beaux-Arts).
- Jean Antoine HOUDON (1741-1828), Buste de Bélisaire, 1773 (Toulouse, Musée des Augustins).
- Niderviller, groupe en faïence...

* Dorothée Guillemé-Brulon, Histoire de la faïence française. Strasbourg, Niderviller et les fabriques de l'Est, Paris, 1999, p. 133.

Posté par JacquesLouisJean à 15:55 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,



Page suivante »